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mardi 29 avril 2008

Les élections municipales romaines

La Gauche caviar alla carbonara de Rutelli a été balayée par la Droite populiste d’Alemanno aux élections municipales.

Le temps extrêmement clément de ce we leur a été fatal dans les élections municipales… Un petit crachin londonien n’aurait peut-être pas évité la défaite mais en aurait sûrement diminué l’ampleur peplumesque, pardonnez moi le barbarisme. Son électorat "bobo" s’en est allé au bord de mer avec la décapotable pendant que le « petit peuple » des banlieues a pu exprimer toute sa rancœur contre une classe politique déconnectée des attentes de la plèbe. Les manifestations culturelles du centre ville remplissant l’agenda romain n’ont pas convaincu cet électorat que l’on travaillait toujours pour leur bien-être au quotidien, après 15 ans de domination centre gauche. Le nouveau maire de Rome, Alemanno, a été suffisamment intelligent pour en tirer profit avec sa dialectique sécuritaire, sociale et nationaliste. L’extrême gauche, ayant trop copiné avec cette gauche caviar, a perdu toute crédibilité. Elle ne répondait pas, de toute façon, à l’exaspération de la population contre l’insécurité croissante, perçue comme une conséquence directe de l’arrivée massive de rom aux portes de la capitale, et d’un laxisme ambiant des autorités.

Le vote populaire s’est ainsi massivement déplacé vers l’autre rive politique. L’impression qui émane de ce résultat surprenant (mais pas tant que ça en y pensant bien) est que la Gauche devra compter sur des erreurs magistrales de leur adversaire politique pour espérer un jour retourner au pouvoir… à Rome et ailleurs… et surtout que ces erreurs se sachent… Ce qui risque de ne pas être facile.

mercredi 23 avril 2008

And the winner is....

Les élections italiennes sont finalement finies, débarassant ainsi nos cousins transalpins de cette interminable campagne électorale... où les coups ont volé très très bas... pour les standards de politiquement correct extrême que connait l'hexagone. Le nom du vainqueur est connu. Les conséquences beaucoup moins même si on en perçoit déjà quelques prémisses…

Quand on discute avec les italiens de politique, il est rare de rencontrer une personne admettant avoir voté pour Berlusconi, alors qu’il représente plus d’un électeur italien sur TROIS et quasi un 1 sur 2 avec ses alliés. Sa coalition gouvernera donc, selon toute probabilité, pour 5 ans si la ligue du Nord obtient le fédéralisme, fort de ses quasi 9%. Les "ex" indépendantistes de la ligue du Nord, avec Alliance nationale, Alessandra Mussolini et Mr B. mais sans les centristes UDC, seront aux rênes de la botte, avec en face une opposition ayant subi une totale déconfiture. Une chose est sûre. Un tournant sécuritaire devrait être entrepris par le gouvernement, surtout avec une telle proportion de vote en faveur de la ligue du Nord. Le sentiment d'insécurité, réel ou exacerbé par les médias, a poussé l'opinion publique vers le vote de protestation. L'inflation extrêmement haute n'y a pas été pour rien non plus.


Meglio pensare alla fine settimana va...

vendredi 25 janvier 2008

la commedia dell'arte ou la politique italienne


La majorité de Prodi n'existe plus après à peine 2 ans de mandat... Sans trop rentrer dans les raisons de ce fiasco, il est triste de constater à quel point la classe politique italienne est byzantine et inapte à gouverner...

Quelque soit le bord politique, les politicards italiens s'illustrent par leur vulgarité, leur ignorance, leur collusion avec la mafia, leurs intérêts financiers à manipuler les lois... et leur inefficacité à répondre aux besoins, pourtant impérieux, d'un pays à l'économie fragile.

lundi 3 septembre 2007

L'Italie et le Vatican




Vaste sujet... Commençons par leur parc immobilier. 90 000 édifices appartiennent au Vatican. La valeur totale de ces biens immobiliers se monterait à plusieurs dizaines de milliards d’euro... soit le cinquième de la valeur du parc immobilier italien. Ca m’étonne un peu mais bon... De toute façon ca reste énorme.


Outre la valeur intrinsèque de ce patrimoine, le Saint Siège en tire des ressources grâces aux loyers ou autres activités lucratives (cliniques, maison de repos, écoles, bed & breakfast et j'en passe).


Ce qui agasse une partie des italiens n’est pas tant la richesse du Vatican (évidente à tout le monde) mais les exonérations fiscales que leur garantit l’état italien... tout en leur garantissant les mêmes services publiques qu’au citoyen lambda, cela va sans dire.


Ce manque à gagner pour l’état italien représenterait une somme colossale s’approchant de la moitié du budget annuel de l’état italien... On peut relativiser en notant que la présence du Vatican assure à l'Italie une entrée de devise non négligeable.

La photo du jour : un poster de Berlu


Une caricature de Berlu en supplément avec 'Il giornale'
(au main du frère de Silvio Berlusconi)...
Il ne manque pas d'ironie et de finesse dans la famille!
Mammamia!

jeudi 5 juillet 2007

histoire sans fin

L’Italie est en train de fêter le bicentenaire de Giuseppe Garibaldi né le 4 juillet 1807 à Nice de parents génois. Cet homme au parcours incroyable combattit sur le continent Sud Américain où il rencontra sa femme, combattit avec brio pour la France contre les prussiens… et enfin obtint, par la force, la réunification de l’Italie… écartelée depuis la chute de l’empire romain entre puissances étrangères et papauté. Une vie bien mouvementée en somme.

Il milita longtemps pour le séparatisme de Nice alors redevenue française et refusa d'y remettre les pieds tant que Nice ne serait pas devenue une nation souveraine…

Il est amusant de constater que le bicentenaire de ce héros suscite de nombreuses polémiques de la part des séparatistes de la ligue du Nord et de la Sicile. Ils se sont même déclarés en deuil et ont refusé de participer aux commémorations…

Il considère que l’avènement de l’état italien a été une disgrâce pour leur région respective, provoquant une paupérisation (principalement au Sud) et un asservissement à l’étatisme romain. Garibaldi serait donc indirectement responsable de tous leurs malheurs ou presque, diaspora des méridionaux fuyant la misère inclus. Le principal reproche des séparatistes septentrionaux est que l'état italien, basé à Rome, utilise le Nord laborieux comme une vache à lait... d'où la fameuse expression "Roma ladrona" (Rome la voleuse en V.O), Leitmotiv de la ligue du Nord pour illustrer leur forte contribution fiscale aux caisses d'un état dilapidateur...

Le séparatiste niçois Garibaldi a unifié un pays générant ainsi d’autres formes de séparatismes… L'histoire est un éternel recommencement.

jeudi 28 juin 2007

J'irais revoir ma... Napoli?!


Incroyable mais vrai… La ligue du Nord, parti xénophobe, il y a peu encore sécessionniste, a changé radicalement de stratégie et essaye dorénavant de racoler les voix des méridionaux. Ce parti, initialement présent dans la partie Septentrionale de la botte, n'attaque plus frontalement le reste de l'Italie. Au contraire! Elle utilise les particularismes régionaux des méridionaux pour les faire adhérer à des mouvements proches de leur cause.

A titre d'exemple, ils ont créé un « mouvement des jeunes normands» (movimento giovani normanni en V.O) principalement dans la Sud (cf post précédent). Dans le Nord, ils organisent des tournois celtiques (?!). Ils sont même parvenus à gagner une mairie sur l'île de Lampedusa, la plus méridionale d'Italie!
Si vous êtes comme Saint Thomas -> Site

Il ont même créé un logo mélangeant un pseudo drapeau normand et le traditionnel symbole de leur parti. Syncrétisme politique total! pourquoi ne pas y ajouter le drapeau des autres périodes historiques de la région de Naples (byzantines, angevines, catalanes...etc), histoire de compléter le tableau... :-))


Cette alliance improbable et contre-nature est d'autant plus surprenante quant on sait à quel point les électeurs de la ligue du Nord détestent les italiens du Sud (et particulièrement les napolitains) d’une façon viscérale ! Les meetings de la Lega étaient ponctués il y a encore peu d'invectives à leur égard, les définissant comme des feignasses assistées, des basanés mafieux et culs-terreux (terroni). J’exagère à peine.

Encore récemment, la Ligue du Nord, avait déclaré lors de la demi-finale Allemagne-Italie (coupe du monde 2006), qu'elle soutiendrait la sélection allemande car elle ne se reconnaissait pas dans l'équipe italienne où évoluent des joueurs originaires du Sud de l'Italie (entre autres Fabio Cannavaro napolitain).

Je me demande combien de votes a pris la ligue du Nord grâce à cette carabistouille...

P.S. : La vie politique italienne est extrêmement animée. Il est difficile d’en comprendre les tenants et les aboutissants du fait de la myriade des petits partis (partitini en V.O)… le jeu en vaut certainement la chandelle pour apprécier les joutes oratoires hallucinantes où les noms d’oiseau pleuvent en même temps que les calomnies. Divertissement assuré…

Depuis que je sais qu'ils se sentent un peu normand, j'ai l'impression de me napolitaniser :
OoOÔô SOOLEeeeee miooÔoO.


....Mouais... passons.