Quelques heures avant le match, la 3ième chaîne de la Rai, télévision publique italienne, diffuse un documentaire sur...Dien
Bien Phû et la déroute française en Indochine...
J'arrive sur le lieu où je passerais la soirée, revets le T-shirt de l'équipe de France conscient d'être dans le camp "ennemi"... Le temps est orageux et un climat de guerre nous entoure. Jamais vu autant de drapeaux de ma vie. La TV est déjà sintonisée sur Sky Italia qui commente les 2 équipes en présence. La plupart des commentaires concerne les propos de Le Pen et des origines diverses et variées de nos joueurs (en insistant sur le fait que 9 de nos joueurs viennent des banlieues...)
Le match se passe sans incident si ce n'est un groupuscule d'abrutis imitant, à une occasion du match, les exténuations vocales d'un singe lorsqu'un joueur noir de notre équipe joue...
Zidane donne son coup de boule... Toute la salle éberluée par son geste et la tension monte logiquement encore d'un cran. Les noms d'oiseaux volent. Tire au but... victoire de l'Italie à l'arrachée... Les rues de Rome sont envahies en quelques minutes par des millions de romains. Concert de claxons, des cercueils portant nos couleurs descendent les rues en trombe, les gens arborent fièrement des avis de décès avec, en guise de défunt, l'équipe de France (tradition napolitaine semble t-il)...

J'ai longé les murs pendant des semaines pour éviter les sempiternelles questions sur le geste de Zidane et leur victoire méritée (selon eux bien sûr). Rétrospectivement, ce fût une expérience très intéressante.
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